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(IM)MOBILISATION GENERALE
Le Sida, à renfort de milliards, est
sensé mobiliser la recherche et toutes les forces vives du pays
et du monde entier, pour trouver au plus vite et ce, dans l'abnégation
et le dévouement le plus total evidemment, des thérapies
curatives ou mieux encore, un vaccin - fleuron de la science - comme chacun
sait, sorte d'arme absolue type bombe A, contre le mal (ou le patient cela
dépend).
Dans ce contexte de péril, on ressort
de bons vieux médicaments
toxiques interdits trop tôt et
dont la rentabilité n'avait donc pas eu le temps de s'établir
: l'AZT par exemple, interdit en 1962 car toxique et inefficace, relancé
sur ordre du gouvernement des Etats-unis pour donner l’illusion que l’on
trouve .. comment retarder l’échéance fatale.
"..Il existe des remèdes efficaces
à la plupart des infections opportunistes aggravantes. Par contre
les médicaments , AZT, ddI, proposés contre le virus lui-même,
ont davantage fait la preuve de leurs effets secondaires que de leur efficacité.."
(Dr
L. Jaisson s'appuyant sur R. Horton "Uncertain future for HIV therapy"
Lancet 1993, 341-1587,8 & "Dose of Reality for HIV vaccines" Lancet
1993-341-1406
En effet, même pour ceux ayant la
« chance » de pouvoir « se soigner » par l'association
d'antiviraux (des dizaines de millions d'autres n'en ont pas les moyens
financiers), le risque que le virus
trouve une parade un jour ou l'autre,
est une épée de Damoclès.
Dans ce contexte d'union sacrée pourtant
indispensable, on oublie quand même les voies alternatives etudiées
hors dogmes et sérail, donc condamnables
quels que soient leurs résultats:
voir encore une fois Beljanski, mais aussi tant d’autres « déviants
». En effet, « reconnaître » pourrait mettre en
danger les monopoles et les avantages du crédit illimité.
Un tel cataclysme économico-scientifique saperait tant d’édifices
que l’on en arrive à se demander, lorsque l’on parle de préserver
coûte que coûte les personnes qui sont concernées par
le Sida, s’il s’agit exclusivement de celles qui en sont malades..
Ainsi dans cette logique de mort, même
le sérail s'auto-mutile en bannissant les déviants. Pour
preuve la mésaventure arrivée à un directeur de recherche
au CNRS ayant travaillé sur une approche
thérapeutique du sida trop neuve et dérangeante..
MODELE
ANIMAL DEPASSE
Jusqu'ici, on combat le VIH à l'aide
d'antiviraux, y compris en associations, mais ce virus dispose de la faculté
de modifier (muter) continuellement ses caractères génétiques.Cette
arme diabolique lui permet d'inventer en permanence des parades, aussi
bien pour se soustraire à l'action des antiviraux que pour échapper
à la destruction par les globules blancs, qui normalement protègent
des virus (ils sont d'ailleurs la cible du VIH).
Le VIH est bien aidé dans sa tâche
par le fait que le modèle animal
qui est la base de toutes les recherches actuelles
apparait obsolète et mène sur de fausses pistes :
« Recourir pour l'étude
du SIDA à un quelconque "modèle" animal est un piège,
un cul de sac garanti dans lequel tout le monde s'est fourvoyé jusqu'ici,
l'une des raisons qui font que le SIDA est toujours parmi nous »,
dit Claude Reiss, et il ajoute:
« Par exemple, on s'acharne
depuis 20 ans à vouloir mettre au point un vaccin contre le VIH
sur le primate non-humain: c'est aberrant, car on sait depuis le début
des années 80 que même le
singe le plus proche de nous a un système immunitaire qui le protège
spontanément contre le VIH, ce que notre système immunitaire
ne sait pas faire! »
NOUVELLE
APPROCHE, SUBVERSIVE ?
L'une des originalités de l'approche
est d'éviter l'émergence de virus résistants, contrairement
aux antiviraux utilisés dans les multithérapies actuelles,
qui aboutissent souvent à un « échappement thérapeutique
» fatal.
Cette nouvelle approche consiste à
combattre
le virus en retournant contre lui sa propre stratégie d’attaque,
autrement dit en prenant le contrôle de sa capacité à
muter. Si l’on augmentait le nombre
de mutations, le virus cesserait d'être infectieux, et si on le diminuait,
le virus serait plus stable, ce qui permettrait au système immunitaire
de le reconnaître et l'éliminer.
Pour prendre le contrôle des mutations
du virus, Claude Reiss décide en premier lieu d'en étudier
le mécanisme et confie le travail expérimental à une
étudiante qui prépare un doctorat sous sa direction. Bien
que l'activité de Claude Reiss et de son laboratoire aient toujours
été évaluées avec éloges par l'instance
compétente de l'établissement qui l'emploie, ses supérieurs
hiérarchiques refusent, contre toute attente et ce sans explication
aucune, de financer le travail expérimental de la doctorante.
MAUVAISES FREQUENTATIONS
On ose à peine penser que l’engagement
de Claude Reiss contre le modèle animal, notamment dans le cadre
du Comité Scientifique Pro-Anima,
soit à l’origine de ce refus, même s’il est vrai que tous
ses supérieurs ont précisement construit leur carrière
sur ce modèle et se verraient dans l’obligation de reconnaitre en
cas de succes le tonneau des Danaïdes des « modèles"
primates du SIDA !
MAIS PREMIERS RÉSULTATS
Fidèle à son engagement de «
promouvoir la sécurité sanitaire et de faire progresser la
biomédecine humaine, en mettant à profit les progrès
des Sciences pouvant concourir à cette fin », Pro-Anima a
pu réunir quelques dizaines de milliers de francs pour financer
les recherches de Claude Reiss.
Les travaux, menés rondement, ont rapidement
abouti. Le mécanisme responsable des mutations a été
compris et dans la foulée on
a trouvé les moyens d'en prendre le contrôle, à l'aide
de substances extraites de plantes ou de micro-organismes, pas chers et
pas toxiques en principe. On pouvait
donc songer à les utiliser pour une approche thérapeutique
nouvelle du SIDA, présentant un certain nombre d'avantages importants
par rapport aux thérapies actuelles.
Avec sa collègue qui a brillamment
soutenu sa thèse fin 1998, Claude Reiss souhaitait amener l’invention
rapidement au stade clinique, auquel la thérapie est évaluée
sur des malades. L’etude préalable des réactions de cellules
humaines en culture aux substances sélectionnées devait aboutir
fin 1999.
BREVET ET BLACK-OUT
Conformément à ses obligations
de fonctionnaire, Claude Reiss signale à son administration cette
approche comme potentiellement brevetable. Le
CNRS, bien que n’ayant rien financé, dépose alors le brevet.
(référence
PCT du brevet SIDA : FR00/011260 / par FIST, l’Agence de brevets du CNRS,
135 Bd St Michel 75005, à l'attention de M Ferré au 01 40
51 00 90),
.
Dans la logique des choses, et afin de mener à
bien les indispensables études préliminaires aux essais cliniques,
Claude Reiss demande donc au responsable de son département, puis
au responsable de l'établissement public qui a pris le brevet, une
subvention d'un montant de l'ordre de ce que cet établissement a
déboursé pour ce faire. Cette demande mainte fois réitérée
est toujours restée sans réponse :
« Le silence qui est systématiquement
opposé à mes demandes de subvention, le voile épais
qui entoure ce qui est fait -ou pas fait- du brevet et surtout de l'approche
thérapeutique nouvelle proposée, suggèrent que le
tout a été mis sous le boisseau. C'était peut-être
le but de toute l'opération. L'étude ayant été
menée à bien en dépit du refus de la financer, la
prise de brevet permet à l'établissement d'en contrôler
le devenir et d'en disposer à sa guise, en l'occurrence et pour
autant que j'en suis informé, de l'enterrer.
En plus, je suis entravé par ce brevet qui m'empêche de solliciter
un soutien privé. Qui voudrait financer un travail dont il sait
d'avance qu'il ne lui bénéficiera pas?»
Impossible de savoir si l’invention a été
vendue, si un partenaire industriel a été trouvé,
si un autre laboratoire a été chargé de le développer,
s'il est dans un tiroir, ou à la poubelle...
LE
PIEGE
La direction du CNRS est muette sur les raisons
de son attitude.
1) Veut-on éviter
de faire concurrence, avec des substances bon marché, aux
antiviraux fort chers actuellement commercialisés par des multinationales
de la pharmacie ?
2) Veut-on empêcher l'ouverture d'une
voie thérapeutique potentiellement définitive du sida ? on
ne va pas refaire avec le sida la même erreur qu'avec la tuberculose,
une affaire juteuse mise en faillite par les antibiotiques
... !
Plus prosaïquement, veut-on éviter
le ridicule, quand il faudra admettre que les centaines de millions engloutis
depuis une décennie dans la recherche contre le sida, avec force
modèles singes, souris transgéniques et autres illusions,
n'ont abouti à rien ou presque, alors qu'avec un peu d'argent
et de réflexion, on a peut être (peut etre, insistons bien!
) trouvé quelque chose de cohérent.
Un résultat est certain : le brevet
paralyse ce chercheur, puisqu'à chaque demande de subvention auprès
d'industriels, la réponse est invariablement :
«.. nous ne voyons aucune raison
de financer des recherches pour faire aboutir un brevet pris par le CNRS
et dont ce dernier va bénéficier, alors qu'il a les moyens
humains et matériels requis pour l'amener au stade industriel..
».
Le Ministere de la recherche qui exerce la tutelle
sur le CNRS reconnaît que les pouvoirs publics, CNRS
en tête, se désintéressent de cette exploitation
et l'abandonnent à l'initiative privée, bien que des crédits
publics, très importants, votés par le Parlement pour lutter
contre le sida, soient à disposition.
CONCLUSION : DE
LA MORALITE A LA CULPABILITE
Certes il n'est pas prouvé que l'approche
thérapeutique proposée par Claude Reiss et sa collègue
serait plus efficace que l'association d'antiviraux, mais la mise qu'il
faudrait pour le vérifier est infinitésimale au regard de
ce que la France a déjà investi sur le SIDA, et de l'ordre
du coût de la prise du brevet.
Mais plutôt que de parler de ce scandale,
l’on
préfère financer la repression sordide des
« deviants » et dans le cas Beljanski, de leurs « victimes
» trop bien portantes, tout en se donnant mediatiquement une image
positive dans le soutien à fonds perdus d’associations de tout genre,
menant des operations de « moralisation » sur une population
entiere si indifferente à la Cause.. Quelle cause ? Le Sida
? Le proces Beljanski permet d'en douter.
Pendant ce temps, continuant de tout fonder
sur le modèle animal, alors que c’est
à partir du singe que l’on avait jugé hativement inoffensif
le VIH, virus responsable du SIDA chez l'homme,
37 millions d'hommes, de femmes et d'enfants sont atteints par la maladie,
3 millions vont en mourir cette année, dont des milliers de français...
On est en droit de penser, alors que l'on
reconnait détenir un moyen pouvant peut-être les sauver, qu’il
s’agit là tout simplement de non-assistance à des millions
de personnes en danger de mort.. : une responsabilté qui pourrait
alors difficilement être dissociée de la culpabilité...
Mais tout n'est pas si noir puisque AZT et
autres leurres se vendent bien..