ajout
du 8/6/07:
"L’Agriculture Biologique peut nourrir toute la planète
sans impact négatif sur l’environnement" FAO (Organisation
des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) mai 07
ENFIN ! Et voilà que Madame Christine Lagarde,
nouveau ministre de l'Agriculture, qui devrait saisir la balle au bond
pour se lancer dans une audacieuse promotion de l'agriculture biologique
et un bannissement de ces plus en plus douteux pesticides et autres intrants
génétiques, nous présente l'agriculture raisonnée
comme l'agriculture écologique du futur ?! Cette écolo-agriculture
découle t-elle d'une remise en cause sérieuse du modèle
productiviste qui depuis 60 ans échoue dramatiquement (les terres
s'épuisent) et criminellement (les cancers se developpent) ? ou
s'agit-il là d'un simple avatar de ce que nous connaissons ? Nous
ne pouvons que lui conseiller de lire ce qui suit pour mieux raisonner
ces prochaines déclarations..
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"Raisonnée" contre
"Bio"
L'agriculture raisonnée,
présente au Salon de l'agriculture avec le réseau Farre,
n'a pas manqué d'interpeller à la fois consommateurs, producteurs
et professionnels de l'agro-alimentaire, qu'ils soient de la transformation
ou de la distribution, car elle est le constat
d'échec de l'agriculture dite conventionnelle
par trop productiviste.
Sachant que, ce qu'il est
convenu d'appeler la grande distribution, s'interesse de plus en plus au
"raisonné" jusqu'à s'y impliquer contractuellement (1), beaucoup
d'opérateurs s'interrogent pour savoir si les productions de l'agriculture
biologique ne vont pas être délaissées. Il est vrai
que, pour la grande distribution, travailler
en « raisonnée » est plus facile qu'en biologique:
- des prix
à la production proches, sinon égaux, aux conventionnels
;
- des contraintes
réglementaires réduites ;
- des approvisionnements
réguliers, l'élasticité de l'application des principes
de l'agriculture raisonnée permettant de les obtenir (en
effet, dans la charte qui la régit, il
n'est fait nulle part aucune interdiction d'utiliser des engrais, pesticides
ou autres produits chimiques de synthèse:
on demande de les utiliser avec discernement)... Alors!!
Il semblerait, de plus, que
la raison profonde de la promotion de l'agriculture raisonnée serait
que le bio coûte trop cher
(2) au consommateur, qui ne tient pas à dépasser 25 à
30% de supplément de prix pour payer la qualité, ce que seule
l'agriculture raisonnée pourrait assurer...
Pourtant, un basculement fort
des aides publiques vers des mesures qui privilégieraient
réellement sécurité alimentaire, protection des paysages,
de l'eau, de la biodiversité en créant de l'emploi, comme
le fait au mieux l'Agriculture biologique
- les plans
de développement durable l'ont montré-, permettrait sans
conteste un prix des produits bio plus compétitif et un développement
sans précédent de la recherche et de la formation pour répondre
à la demande.
Danger pour les productions
biologiques ?
Dans l'état actuel
des positions et des engagements pris par les 2 parties, on ne discerne
pas une réduction significative de l'écart qui existe entre
une production bio et une production conventionnelle... Peut-être
pourra-t-on considérer cette dernière comme «atténuée».
Encore faudra-t-il que la charte «agriculture raisonnée»
soit bien respectée, ce qu'il n'est pas possible de vérifier,
aucun
contrôle n'étant prévu.
Il est clair qu'aujourd'hui
l'écart est trop grand pour troubler le consommateur qui sait qu'une
production bio est obtenue dans le respect de cahiers des charges précis
et d'un règlement européen excluant
tout produit chimique de synthèse, qu'elle est contrôlée
et certifiée : autant de garanties qui ont demandé plus de
15ans aux pionniers de l'agriculture biologique !!
Charte ou Duperie ?
L’agriculture raisonnée,
nous dit sa charte, « est un état
d'esprit auquel adhère l'agriculteur.
La réflexion permanente
sur l'organisation globale de son exploitation, les techniques qu'il applique
traduisent son souci quotidien de progrès. Il intègre
et valorise, dans le choix de ses techniques, le fonctionnement des écosystèmes
et les mécanismes de régulation biologique présents.
»
L’aboutissement logique d'une
telle démarche ne conduit-elle pas celui qui la met en oeuvre vers
l'AGRICULTURE BIOLOGIQUE ? On peut l'espérer...
Quoi qu'il en soit, si elle ne fixe pas rapidement quelques limites et
interdits minima - la culture des OGM
(3),
par exemple, n'est pas interdite -, elle risque
de devenir une des plus grosses duperies organisées au détriment
du consommateur..
(1) C'est le cas d'Auchan qui a officialisé
un accord lors du Salon de l'agriculture.
(2) voir notre page FAQ&Réactions:
(3) dossier OGM enrichi