Un sacrifice
animal, qui par son inutilité et les mauvaises directions qu'il
a toujours fait prendre - combien de substances pharmaceutiques retirées
du marché en catastrophe, et combien de centaines de morts suite
à la prise de médicaments toxiques validés par le
modele animal - pourrait bien conduire à de nouveaux sacrifices
humains ..
3R MENT
!
Pour calmer les protestations unanimes des
associations sérieuses, le "Livre Blanc sur les Substances Chimiques",
commandé par la Communauté Européenne, s'appuyait
sur l'indispensable respect des 3R (Reduce,
Refine, Replace). « Inventés
» en 1956 par les professeurs Russel et Birch, ces principes visent
à réduire le nombre d'animaux sacrifiés, à
les remplacer par des méthodes substitutives, et à affiner
le recours au modèle..
Outre le fait que le modèle animal ne
mime pas de façon fiable le comportement biologique de l'homme,
le
principe des 3R, d’ores et dèja inappliqué, se révèle
être une "tarte à la crème",
un moyen pour les lobbyistes des multinationales agro-, pharmaco-, ou pétro-chimiques
de satisfaire l’opinion, au mépris de la santé des citoyens
de l'Union Européenne. L'adhésion à Pro Anima à
la fin des années 90 du Pr Birch, confirme sans nul doute que les
3R n'avaient plus cours et qu'à présent, les méthodes
scientifiques hors modèle animal sont infiniment préférables.
SPÉCIFICITÉ
BIOLOGIQUE
Aucune espèce animale ne saurait être
considérée comme modèle d'une autre, parce que chaque
espèce a évolué dans sa niche écologique spécifique
où elle a prospéré en s'adaptant aux ressources, dangers
et contraintes de la niche, ce qui lui confère une spécificité
biologique unique. De ce fait, il ne peut exister de règle permettant
de prédire comment se comportera l'homme confronté à
une condition à laquelle on vient d'exposer une souris par exemple.
On ne le saura qu'après avoir exposé l'homme : le modèle
souris était inutile. Devant cet argument incontestable, la Recherche
s'est davantage orientée vers un modele, toujours animal, mais de
plus grande proximité avec l’homme : les primates. Mais, la
barrière d'espèce existe même pour les espèces
très voisines.
Ainsi, le modèle du chimpanzé
pour l'hépatite B s'est révélé inopérant.
L'évolution de la phase aigüe de la maladie et ses séquelles
chroniques, qui rendent la maladie très dangereuse chez l'homme,
sont absentes ou à peine perceptibles chez le chimpanzé.
Infecté par le virus du Sida, il ne développe la maladie
que très exceptionnellement, puisque sur la centaine de «
modèles », deux seulement ont développé un syndrome
d'immuno-déficience, d’ailleurs dans des conditions douteuses.
Si on se rappelle que le Sida du macaque est
une création de laboratoire qui « provient de la contamination
accidentelle dans les centres de primatologie par le SIVsmm présent
chez les singes mangabey » (Livre blanc sur l'expérimentation
animale page 176, Hurtel, Maurin-Blanchet et Tambourin), on doit s'interroger
sur les dangers de telles expériences.
L’espèce humaine s'expose ainsi
à des risques apocalyptiques du fait du franchissement de la barrière
d'espèce par des rétrovirus qui pourraient être à
l'origine du virus du Sida, comme l'évoque Axel Kahn(Science/Médecine
n°2, page 200, 1992).
Malgré ces échecs qui ont couté
des dizaines de millions, on a crée en Alsace un grand centre d'élevage
de milliers de primates, pourtant inutile et dangereux d'un point de vue
scientifique et donc encore moins acceptable sur le plan éthique.
ANTI-CANCER
NON TRANSPOSABLES
Dans le domaine de la recherche contre le cancer,
des milliers de substances actives sur le modèle animal se sont
avérées sans intérêt chez l'homme ...
et vice versa.
Depuis 50 ans, des dizaines de milliers de
substances ont montré une activité anti-cancer intéressante
chez l'animal (souvent des rongeurs), mais seulement quelques dizaines
ont été retenues pour la chimiothérapie chez l’homme.
"CONSOMMATION" DE LIGNEES "SPECIALISEES"
On a pourtant fait preuve d'ingéniosité,
puisqu'on est passé des rongeurs « tout venant », dont
on sait qu'ils sont spontanément tres susceptibles de développer
des tumeurs (en vogue dans les années 50), à des lignées
de ces même rongeurs « spécialisées » (c'est
à dire portant des prédispositions génétiques
particulières) dans la leucémie (cancer des cellules du sang)
dans les sarcomes (cancer des muscles, des os ..) ou les carcinomes (cancer
des cellules épithéliales -disposées en couche-: cancer
du sein, du colon, du poumon..). La
plupart des produits qui se sont montrés efficaces sur ces lignées
se sont avérés par la suite sans intérêt chez
l'homme.
DE L'ECHEC DES XENOGREFFES
Aussi, quand on a su (dans les années
70) supprimer la défense immunitaire de ces animaux, on a pu leur
greffer sous la peau des tumeurs humaines (xénogreffes). Du fait
de l'impossibilité de rejet, la tumeur greffée, nourrie par
l'animal, continue à se développer, sauf si un anti-cancer
efficace arrête sa croissance. Le succès des xénogreffes
pour rechercher des anti-cancer n'a pas été plus brillant
qu'avec les lignées spécialisées. Les tumeurs greffées
ne se comportent pas comme chez l'homme (pas de métastases par exemple)
et leur environnement « immuno-déprimé» est radicalement
différent de leur environnement normal.
Ces « modèles » ont
donc permis de trouver des anti-cancer très efficaces chez la souris
mais absolument pas chez l'homme, et à l'inverse, la plupart des
anti-cancer efficaces chez l'homme sont sans effet sur les tumeurs humaines
xénogreffées chez la souris.
ONCONGENES ET SUPPRESSEURS
Malgré cela, on a persisté à
« modéliser », cette fois en s'inspirant des dernieres
connaissances acquises sur les cancers humains en biologie moléculaire.
.
Les cellules contiennent des
gènes (les oncogénes) qui poussent à la division cellulaire
(responsable de la prolifération des cellules). Ils jouent un rôle
essentiel durant le developpement, mais deviennent normalement muets par
la suite - sauf si les « commandes » de ces gènes subissent
des mutations qui leur permettent de se réactiver hors de propos,
donc de permettre à la cellule de proliférer sans frein.
Pour pallier de telles défectuosités, les cellules contiennent
une autre classe de gènes (les suppresseurs de tumeurs ou anti-oncogènes)
qui vérifient si le génome de la cellule est exempt de mutations.
S'ils en détectent, les produits de ces gènes bloquent le
cycle cellulaire jusqu’à ce que la mutation soit bien réparée,
et si c'est impossible, provoquent le suicide de la cellule (apoptose).
Malheureusement, quelquefois eux-mêmes victimes de mutations, ces
suppresseurs ne peuvent plus remplir leur rôle de gardien: les cellules
de plus de la moitié des tumeurs solides humaines contiennent des
gènes de suppresseurs de tumeurs mutés !
|
Oncogènes et suppresseurs de tumeurs se
retrouvant à travers tout le règne animal, on
a donc muté des oncogènes et des gènes de suppresseurs
de tumeurs présents dans le génome de la souris, dans l'espoir
que ces animaux développent les tumeurs se comportant comme des
tumeurs humaines.
Résultats décevants : l'inactivation
d'un gène suppresseur de tumeur, conduisant chez l'homme en cas
de mutation au cancer du colon, produit bien le démarrage de ce
cancer chez la souris, mais l'évolution de la maladie est très
différente chez la souris et l'homme. Par exemple, chez l'homme
s'en suit en général le cancer du foie, pas chez la souris.
Un autre suppresseur de tumeur, dont la mutation est responsable du cancer
de la rétine chez l'homme, donne un cancer de la glande pituitaire
chez la souris. Quant au gene dont la mutation est impliquée dans
le cancer du sein et de l’ovaire chez l'humain, son inactivation chez la
souris ne conduit à aucun cancer..
LE MODELE
DE L'HOMME, L'HOMME LUI-MÊME
On a donc fini par comprendre que même
au niveau cellulaire et moléculaire, l'animal n'est pas un modèle
biomédical de l'homme. Le modèle de l'Homme, c'est l'Homme
lui-même et ce sont ses cellules qu'il faut étudier.
Ainsi, le National Cancer Institute (USA) a testé depuis 1990 des
dizaines de milliers d'agents anti-cancéreux potentiels sur des
lignées cellulaires issues de dizaines de tumeurs humaines, quelques
milliers ont montré une activité intéressante sur
l'une ou l'autre des lignées. L'analyse informatique des spectres
d'activité a permis d'en sélectionner un millier, qui doivent
à présent passer le test clinique. Vaste programme !
Le modèle animal a encore fait preuve
de son inefficacité lorsqu'on a
mis ces cellules dans des fibres capillaires, qu'on a ensuite implanté
dans divers organes et tissus de souris. Puis on a exposé ces souris
à l'anti-cancer par divers moyens: injection cutanée, intraveineuse,
administration orale... Résultats décevants, comme il fallait
s'y attendre..
Très récemment, on a enfin attaqué
le problème en utilisant les connaissances acquises en biologie
moléculaire des cellules cancéreuses, donc caractérisées
par l'activation des oncogènes et/ou l'inactivation des suppresseurs
de tumeurs conduisant a des divisions cellulaires incontrôlées.
Le déroulement de la division cellulaire passe en effet par un certain
nombre de « points de contrôle » (check-points), où
des enzymes contrôleurs peuvent bloquer la progression de la division
s'ils détectent certaines anomalies, tel un dommage sur le matériel
génétique de la cellule qui n'aurait pas été
correctement réparé. On sait que des mutations de ces enzymes
(et d'autres, également actifs dans le cycle cellulaire) sont associés
à nombre de cancers humains. On cherche donc des moyens de suppléer
les défaillances de ces enzymes mutés et ainsi de restaurer
le contrôle normal de la division cellulaire. Très
souvent, une mutation dans une protéine entraine la perte de sa
fonction.
EXPLOITER LES BONNES VOIES
En attendant que l'on sache réparer
une mutation dans un gène, ou que la thérapie génique
puisse suppléer un gène muté, il est le plus souvent
impossible, de fabriquer des médicaments pouvant mimer l'action
de la protéine mutée. La voie actuelle de recherche tente
donc de développer des substances capables d'inhiber l'action de
protéines intervenant après le passage du cycle par le point
de controle défaillant.
Les méthodes de la génétique
moléculaire, souvent mises au point sur des micro- organismes type
levures, permettent d'identifier ces gènes, d'en dévoiler
les fonctions et de rechercher des drogues capables de les inhiber spécifiquement.
Cette approche est souvent facilitée
par l'instabilité génétique qui caractérise
en général la cellule cancéreuse. Il est fréquemment
possible de trouver des gènes en aval du point de contrôle
dont l’inactivation n'est pas léthale, mais devient léthale
si elle s'additionne à l'inactivation du gène contrôleur.
Il est clair que ces approches ne peuvent
être efficaces pour les cancers humains que si elles sont appliquées
aux cellules humaines. En fait,
il faudrait même effectuer cette recherche sur les cellules cancéreuses
d'un patient donné et lui administrer l'anti-cancéreux inhibant
certains des gènes en aval du point de contrôle défaillant
chez lui, autrement dit une médication anticancéreuse à
la carte. On éviterait ainsi les dégats épouvantables
que les chimiothérapies courantes font sur les cellules saines de
l'organisme et ses fonctions.
METHODES
BIO-SUBSTITUTIVES
La thérapie anti-cancer reste empirique,
et à défaut de mieux chercheurs et praticiens se sont rabattus
sur le modèle animal, avec le peu de succès que l'on sait,
puisque la plupart des substances anti-cancéreuses utilisées
actuellement chez l'homme ont été le fruit d'heureux hasards.
NOUVELLE APPROCHE
De la biologie moléculaire et cellulaire
jusqu'aux investigations non invasives et non traumatisantes (analyse
médicales in-vitro, imagerie numérique, informatique, génie
combinatoire, etc), deux decennies de
progrès ont donné à la Recherche un arsenal de méthodes
permettant de répondre aux exigences de fiabilité dans l'évaluation
des risques toxiques pour la santé humaine.
Ces méthodes scientifiques pour l'identification
et la prévention des risques toxiques présentent tous ces
avantages. Elles sont rapides donc
très
économiques (un test de mutagénécité,
donc de cancérogénécité possible, dure quelques
jours), elles sont reproductibles
(pas de résultats erratiques) s'opèrent sur des micro-, voire
des nano-quantités de produits (précieux et pharmacologie).
Elles permettent de « dialoguer » finement et en direct avec
des cellules humaines en culture, des organes humains en perfusion mis
en présence d'un produit à tester, d'identifier les cibles
cellulaires et intra-cellulaires, les mécanismes d’action et leur
permanence, les réparations éventuelles des dommages et le
devenir du produit testé. Les connaisances acquises permettent ainsi
d’évaluer l’action du produit sur
le long terme (une dizaine d’années)
et ses cibles probables, de le corriger et de l’améliorer de façon
rationnelle.
LA FRANCE RETARDATAIRE
Ces méthodes qui ne recourent pas au
modèle biomédical animal mettent au service des chercheurs
un potentiel scientifique abondant, dont étonnament la France n'estime
pas encore l'ampleur. (voir
les tribulations d'un chercheur / Sida CNRS)
Si Etats-Unis et Japon allouent des budgets
importants a des institutions puissantes dédiées au développement
des ces méthodes, nos voisins européens sont déjà
dotés de centres de recherche. La
France en est encore à desesperer ses chercheurs et à combattre
ceux d'entre eux jugés déviants car opposés au modèle
animal, pourtant talentueux, en s’interrogeant
sans fin, pour à terme acheter très cher à ses concurrents
plus rapides et malins, les brevets qu'elle serait tout à fait en
mesure de prendre et de bien vendre dès maintenant...